Centre de recherche sur les politiques et le développement social

projet de recherche

 

Mondialisation et action collective: un nouvel espace de representation politique? Les cas du Canada et de la France


Directrice : Pascale Dufour, professeure adjointe au department de science politique à l'université de Montréal

Financement : Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, pour trois ans

Présentation de la recherche : Depuis le début des années 1980, la question du libre-échange économique, puis celle de la mondialisation des relations commerciales ont alimenté les débats, et pas seulement dans les cercles académiques. De plus en plus, la question de la mondialisation devient un sujet de conversation commun, où les citoyens ordinaires expriment leurs accords ou leurs désaccords avec « elle ». D'une question relativement technique, réservée aux spécialistes et aux experts (surtout économiques), la mondialisation est devenue un enjeu politique incontournable au nom duquel les acteurs sociaux se mobilisent. C'est sous cet angle particulier que nous proposons de l'étudier, à la fois espace de débats publics et espace d'actions collectives. Comment s'est construite la « question » de la mondialisation, depuis le début des années 1980 jusqu'à aujourd'hui ? Comment, c'est-à-dire, sous quelle forme et par quels mécanismes, est-ce devenue un enjeu politique ? Nous nous attarderons plus particulièrement à établir comment dans deux situations nationales distinctes, le Canada et la France, la mondialisation, comme nouvel espace politique, a été investie et façonnée à la fois par l'état et par les principaux acteurs collectifs impliqués (partis politiques, syndicats et groupes luttant contre la mondialisation ou pour une forme alternative de mondialisation). Autrement dit, nous proposons d'établir, dans un premier temps, comment discutent et débattent de la mondialisation les principaux acteurs politiques dans chaque société considérée.

En étudiant au niveau national et dans une perspective comparée la construction, par les acteurs politiques et l'état, de l'espace « mondialisation », nous serons davantage en mesure de comprendre la gamme des réactions (épidermiques ou non) qu'elle suscite et surtout nous serons à même d'établir la redistribution des rapports de force qu'elle implique et les nouvelles alliances qui l'accompagnent. Nous faisons d'ores et déjà l'hypothèse que la « crise des partis politiques » et la « crise des syndicats » sont liées, pour partie, à la construction de ce nouvel enjeu. Cet angle d'analyse permet de traiter, de manière intégrée, des transformations des relations qui s'opèrent, dans chaque espace national, entre l'état, les acteurs traditionnels de la représentation politique (les partis politiques et les syndicats) et ce qu'on nomme, parfois, les nouveaux mouvements sociaux. Il y a fort à parier que suivant la façon dont l'état a investi l'espace politique de la mondialisation, les effets sur ses relations aux acteurs collectifs ont été différents. Au-delà de la discussion et de la forme du débat politique se trouvent des rapports de force et des acteurs qui façonnent, eux, la prise de décision publique. Plutôt que d'expliquer l'action de l'état à partir des contraintes (économiques ou politiques) que poserait la mondialisation des échanges, nous proposons, in fine, de comprendre les décisions publiques (au niveau national) dans le champ de la mondialisation, à partir de la structuration progressive de ce champ d'intervention.

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(PDF - 84k)

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